
T h i e r r y L e B a i l l
lebaill@wanadoo.nospam.fr ( enlevez .nospam )
www.lebaill.com
Thierry Le Baill
15 rue Duguesclin
35170 Bruz - France
+33.6.16.46.34.67
Né en 1962 en Bretagne, je vis et travaille près de Rennes.
Après une adolescence passée dans la région parisienne, je découvre Arles et la lumière 100 ans après Vincent.
Depuis toujours de longs séjours en Bretagne, près de la mer, et cinq années passées à Belle-île de 94 à 98.
Le lien étroit entre cette nature puissante, violente, beaucoup de travail et de temps consacré à la peinture m'amèneront naturellement, après une période passée à la réalisation de paysages fauves rapidement abandonnée, vers une certaine forme d'abstraction ou "figuration de l'intérieur", qui tend aujourd'hui de plus en plus vers une manière d'ascétisme, un dénuement, un appauvrissement, presque une disparition : intervenir le moins possible.
L'importance du vide lié au geste, de l'immatériel, du retrait, une respiration aussi, une méditation proche du Zen. Tendre vers l'épurement, chercher l'évidence dans la simplicité.
Une peinture basée sur l'attente, la réflexion, la contemplation, la descente à l'intérieur de soi; la recherche d'une paix, d'une sérénité, pour soi-même et les autres. Un partage, une vie.
Peintre autodidacte, membre fondateur en 2004 et président de l'association internationale Pintura Fresca regroupant plusieurs plasticiens.
Expositions
2007
- Belle-île : Liber & Co
- Slough, près de Londres (Grande-Bretagne), "Is Abstract Art Dead" :
Gallery 435 - 28 septembre - 14 octobre ( exposition de groupe avec
Pintura Fresca )
2006 :
- Artiste permanent :
Carcès (Var) : Galerie Jas de la Rimade
- Bruz (35) : Faculté des métiers de Ker Lann
- Belle-île : Liber & Co
- Kenya : invité par l’Alliance française à Nairobi
- Cancale : La Halle à Marée
- Paris : Galerie Europia, 15 Avenue de Ségur, 75007 Paris - novembre (exposition de groupe "July 2006")
- Paris : Exposition commune avec Anne de Seynes ( sculptures ) - 13 rue André Antoine 75018 Paris - 17-18-19 novembre
2005 :
- Artiste permanent :
Carcès (Var) :
Galerie Jas de la Rimade
- Paris : Atelier d'Anne de Seynes
- Rennes : Harmonia Mundi
- Belle-île : Atelier Indigo
- Belle-île : Village de Donnant en Bangor
- St Brieuc : Musée " Le regard des autres " Biennale armoricaine d'art vivant/contemporain
( 60 artistes français sélectionnés par un jury composé par Gisèle Beauvois, Henri Boitard, Marc Charpin, Thierry Le Saëc, Bernard Noël )
- Paris : participation à une vente aux enchères au profit de la
réalisation de clips sur les droits des enfants réalisés par
les petits citoyens en partenariat avec l'Unicef
- Paris : Arslonga
- En permanence : The Gallery, Belle-île
- Bruz : Le Grand Logis - Espace Gauguin
- Rennes : Harmonia Mundi
- Châteaubriant (44) : Salon d'hiver
- Vannes : Galerie Alizarine
- Amiens : Harmonia Mundi
- Vire : Galeries du théâtre du Préau
- Rennes : Galerie A
- Belle-île : Citadelle Vauban
- Paris : Le Toit de la Grande Arche
- Fougères : Centre Culturel Juliette Drouet
- Château de Crosville - Manche
- Neuchâtel(Suisse) : Galerie du Moulin de la Tourelle de Valangin
- Ile aux Moînes : Galerie l'âme vagabonde
- Nantes : Ecopôle
- Belle-île : Citadelle Vauban
- Ile aux Moînes : Galerie l'âme vagabonde
Mots
2007
La peinture me pousse à faire comme un condamné est poussé à l'éxécution.
Pourquoi faut-il tout définir ?
Ressentir
Il faut changer les hommes. En faire des êtres humains.
Si je savais ce que je peins je ne peindrais plus.
Un homme qui effleure la vie. Une peinture qui effleure la toile. Quelques traces, un passage, un témoignage. Rien de plus.
L'évolution est toujours naturelle et lente.
Peindre, ça n'est pas regarder dehors, c'est regarder dedans.
Qui peut le plus ne peut pas forcément le moins... loin de là !
Soyez Maladroits
Soyez Vivants !
Je sais parfaitement où je ne vais pas... c'est où je suis déjà allé !
La peinture c'est un langage que l'on invente, qui sort de soi lentement au fil du temps. Un jour on s'aperçoit que l'on parle vraiment, que c'est nous... alors cela commence vraiment. Mais comme il faut être patient et tenace, sans savoir jamais où on va ! Combien le peuvent, combien sont prêts à y consacrer leur vie entière ?
« La simplicité n’est-elle pas ce qu’il y a de plus beau ? »
Zhang Chao
Et de plus difficle à atteindre ?
Préface du recueil "Alchimies" de Xavier Jardin, à paraître aux Editions le Manuscrit
Pourquoi des mots ?
Pourquoi des poèmes ?
Pourquoi des peintures, pourquoi des musiques ?
Pourquoi faire ? Qu’est-ce qui nous pousse à faire ?
Pourquoi ce besoin d’exprimer avec d’autres moyens, de rencontrer par le biais de, de partager… Pourquoi ?
Et s’il n’y avait pas ça ?
Et s’il n’y avait pas la Nature, et s’il n’y avait pas la Terre, le Ciel, et la Mer.
Et s’il n’y avait pas les Hommes…
Mais il y a.
Et nous sommes là, avec la faculté de.
Des rencontres, des échanges, des regards dans la même direction, des univers parallèles qui s’interpénètrent, des Hommes sensibles qui tentent simplement de Vivre.
Qu’avons-nous de commun ? Nous tentons de dire ce qui ne peut être dit, ce qui est puisé à la racine, ce qui parfois nous est donné. Peu importe les moyens, poésie, peinture, au fond ce sont les mêmes, dans l'alchimie des mots et des images. Quelque chose nous pousse à chercher, à nous dépasser, à nous élever, à nous rencontrer.
Xavier Jardin fait partie de ces êtres éveillés, à l’affut, vivants.
Ce recueil, « Alchimies », est un morceau de vie, le témoignage d’un homme sensible qui sait autant donner que recevoir ; un passeur.
Il faut être fou pour espérer faire mieux qu'une toile blanche !
C'est tellement beau de trouver des traces un jour, et d'avoir envie de les emprunter. Le chemin est alors parfois difficile, et on ne sait jamais où il nous mènera, mais au moins il existe ! Les premières traces que j'ai eu envie de suivre sont celles de ce cher Vincent.
Cette peinture encore luisante de vie comme un bar qui sort de l'eau, qui vient à l'instant de jaillir, de m'être donnée, pas encore vraiment née, si fraiche, que je suis seul à pouvoir contempler dans cet état. Moments de grâce, moments de vie. Si fugitifs et qu'il faut apprendre à reconnaître pour pouvoir les saisir. A la fois beaux et tristes, comme un quatuor de Vasks.
En sortant de l'atelier, j'éteins la lumière d'abord, la musique en dernier.
On dit que c'est fini, que tout a été dit, ou fait en peinture. Mais quelle idiotie ! Si ce que l'on jette sur la toile vient vraiment du plus profond de soi, comment cela pourrait-il avoir déjà été fait ? Chaque être est unique, et chaque véritable artiste, quel que soit son moyen d'expression, avance en même temps que son époque. Ceux qui prétendent le contraire ont peur. Je n'ai pas peur de peindre en 2007 ! J'ai même une sacrée rage d'avancer !
Les images de peinture c'est pour les livres. Sur les murs il faut accrocher de la peinture vivante. Sinon les artistes contemporains meurent, et les murs avec.
2006
Questions-réponses aux élèves du Collège-Lycée de Dol
Comment lui est venue la passion de la peinture ? Qu’est ce qui lui a donné envie de peindre ?
Il ne s’agit pas vraiment de passion. Je me suis depuis toujours senti aimanté par le dessin d’abord, comme un besoin, une manière naturelle d’être, puis par la peinture. J’ai besoin de peindre, comme d’autres ont besoin de parler.
Mon père peignait le dimanche, une peinture très figurative. Je me souviens aussi d’un professeur au collège, en sixième, qui nous avait montré la reproduction d’une peinture de Picasso, cela m’avait beaucoup marqué. Ce jour là j’ai compris que la peinture était peut-être faite pour moi.
Comment est venue l’évolution ? (matière épaisse-pâte vers absence de matière)
Comme toute évolution, lentement. Il n’y a jamais d’intention dans ce que je fais. Je laisse venir les choses, et vais exactement là où elles me mènent, de manière naturelle. La peinture épaisse, au couteau, m’est petit à petit devenue complètement étrangère. Je ne m’y reconnaissais plus. J’ai évolué vers autre chose, qui me correspond mieux aujourd’hui.
Combien de peintures a-t-il fait ?
Je conserve approximativement 70 toiles par an. Et je me consacre uniquement à la peinture depuis 1994. Faites le calcul… Je tiens à garder un rythme de production. Ceci m’est très personnel, et correspond à mon caractère, à ma manière de fonctionner et de vivre mon état d’artiste.
Où trouve-t-il son inspiration ?
Je ne sais pas ce qu’est l’inspiration. Comme je ne sais pas d’où vient ma peinture. Je vais à l’atelier, j’attends, et certaines fois je peux peindre. D’autres non.
Pourquoi dans toutes ses peintures met-il du bleu ? Quelle est sa couleur préférée ?
Le bleu correspond à une période. Avant de peindre en bleu, je peignais en rouge et je n’arrivais pas à utiliser le bleu. Aujourd’hui j’utilise des couleurs terre. Il faut toujours aller vers ce qui nous est naturel. J’aime toutes les couleurs passionnément.
Pourquoi de l’abstrait ?
Il faudrait plusieurs vies de peintre. L’abstraction, ou ce que l’on nomme ainsi et qui ne veut pas dire grand-chose, est une forme de figuration de l’intérieur. J’ai glissé naturellement, après une longue période figurative, vers une peinture de plus en plus détachée du réel, d’abord dans les couleurs, puis dans les formes. J’ai longtemps peint directement dans la nature, sur le motif, comme les anciens. Là, il me semblait que la nature pénétrait à l’intérieur de moi. Je n’avais plus qu’à retranscrire. Puis j’ai commencé à peindre à l’atelier, à partir de dessins faits dans la nature. Puis je me suis détaché du dessin. Mais le réel est toujours là, dans mon esprit. C’est un peu pour cela que ce terme d’abstraction ne me satisfait pas vraiment.
Pourquoi est-il devenu peintre ?
Par obligation naturelle.
Vend-t-il beaucoup de tableaux ?
Je ne fais rien d’autre, je n’ai pas d’autres sources de revenus. Je dois donc vendre pour vivre et continuer à peindre. Mais non, je ne vends pas assez. Les gens en général n’achètent pas beaucoup d’œuvres d’art. Ca n’est pas une priorité. Il faut trouver des gens pour qui c’est un besoin ; les acheteurs deviennent souvent des amis, car il se passe quelque chose entre ma peinture et eux ; et ma peinture, c’est moi.
Pourquoi des formats carrés ?
Là encore ça n’est pas vraiment un choix. C’est le format qui s’est imposé à moi. Pas l’inverse. En peinture il faut savoir accueillir.
Met-il du temps à les peindre ?
A une telle question, Picasso répondait 40 ans, je crois. Alors je répondrai comme lui…
Dans mon cas l’exécution est toujours très rapide ; c’est un jaillissement. Mais le temps d’attente est aussi à compter dans le temps d’exécution. On peint en permanence, toute la journée ; sans peindre.
Depuis quel âge peint-il ?
Je peins et je dessine depuis toujours.
Je ne fais que ça depuis l’âge de 32 ans. C’est une décision difficile à prendre dans cette société, à tous niveaux, social, économique… on se met forcément à l’écart.
Comment fait-il ? Balance-t-il sur la toile ?
Mes peintures fluides sont le résultat de coulures. Je ne « balance pas ».
Pourquoi a-t-il eu envie de peindre ?
Parce qu’il faut bien tenter de Vivre.
Pourquoi l’huile plutôt que la gouache ou l’acrylique ?
Encore une fois, il faut essayer, et aller vers ce qui nous correspond, naturellement.
C’est la seule manière d’être authentique.
Il y a des toiles bond en avant. Mes ces toiles là, elles viennent toujours de si loin, de si profond, qu'elles nous surprennent nous-même. On reconnaît simplement le pas, un peu hébété, heureux aussi bien sûr d'avoir su dénicher quelque chose d'enfoui.
Mais entre le fait de produire cette toile, de la sortir, et le fait de se l'approprier, de l'assimiler, il y parfois beaucoup de temps. Et les lendemains des bonds en avant sont souvent des journées désenchantées.
Il m'a fallu un an pour intégrer 2006_4, et aujourd'hui, sans y penser, une grande toile de 120x120, avec la même force. Et la faim est là... pour combien de temps ?
Suspendu au fil si ténu de ma peinture si fragile... et il faudrait être fort ? Et il faut être... Et dehors c'est comment ?
Il faut puiser au fond de soi comme dans un puits, mais souvent le seau remonte vide.
Une fois que l'on trouve la vie, la toile se peint toute seule, on est juste là pour l'accueillir.
Et le lendemain tout recommence...
Pluie et vent. Automne
Laines
Toile blanche étendue. S'avancer avec un chiffon; simplement un dernier geste, boire la goutte trop présente. Et dans le même élan, le même souffle, au même instant, suspendue la dernière note du sixième quatuor de Bartók...
Souffle
Rien, un instant de vie qui s'imprime sur la toile, entre Terre et Ciel, entre musique et peinture, entre vie et mort. Un instant si ridicule, si petit, si vivant. Ma
Vie.
Une toile en grande partie vide peut être infiniment plus pleine et riche qu'un infâme barbouillage épais et sans âme.
Ne pas avoir peur du vide, se l'approprier.
Le besoin de séduire est une faiblesse.
Les peintres dont je me sens le plus proche : Degottex, Sam Francis, Tal Coat, Soulages, Olivier Debré, Rothko, Bram Van Velde...belle brochette !
La peinture n'est pas un jeu. On n'est pas en représentation.
Le but d'une vie : s'élever. Il n'y a rien d'autre.
Etre vivant, c'est penser à la mort, et agir, en conséquence...
" Vous en vivez ? ". Il y a différentes manières " d'en vivre "...
Entre deux artistes, le moins amateur des deux serait celui qui gagne le plus d'argent ?
Je ne suis pas d'accord.
On peut Vivre de sa peinture sans vendre. Les exemples, passés ou contemporains sont nombreux, d'artistes consacrant l'exclusivité de leur temps à leur art et ne gagnant pas d'argent.
Vivre, ça n'est pas gagner de l'argent...
Une peinture basée sur l'attente, la réflexion, la contemplation, la descente à l'intérieur de soi; un message de paix, la recherche d'une sérénité, pour soi-même et les autres. Un partage, une vie.
107x349 cm; 244x167 cm; 556x390 cm; 489,6x368,9 cm; 228,6x307,4 cm; 426,72x137,16 cm; 365x488 cm...etc, etc... quelques dimensions de toiles utilisées par Sam Francis. Pour écrire ou pour composer de la musique il faut un stylo et du papier.
Pour peindre il faut des supports et des couleurs. Pour peindre de très grands formats il faut de très grands supports et beaucoup de couleurs... et un immense atelier, les moyens de transport des oeuvres, les lieux d'accrochage adéquats.
Pour peindre de très grands formats il faut de très gros moyens financiers. La peinture est réservée aux riches; les autres bricolent comme ils peuvent.
Si vous voulez m'offrir des toiles et de la couleur, n'hésitez pas :
lebaill@wanadoo.fr !!!
Le beau m'emmerde, la virtuosité encore plus. Plus le temps passe et moins j'aime le travail bien fait. Il me faut des traces de vie, du raté, du pas beau, du bestial, du sang sur les toiles sinon je trouve ça mou.
Inspiration ? Transpiration !
Ecarter les mailles du filet de l'indifférence et nager dans l'espace de la reconnaissance... à quoi cela tient-il ?
C'est étonnant comme la peinture est silencieuse...
Au bout d'un moment, il faut bien chercher à avancer, ne plus se poser trop de questions. Peindre ce que l'on est. C'est tout. Peindre comme on est. Dire. Simplement.
2005
La complexité du langage sert souvent à masquer la pauvreté du discours.
Un travail bien fait n'est pas un travail de peintre. Il faut oser mal faire pour ne pas tuer les traces de vie, ne pas masquer l'instant.
Contempler une coulure qui glisse le long de la toile, et en sortant de l'atelier deux oies qui longent la Vilaine. Vivre.
Si je savais parler de ma peinture, j'écrirais à peu près ceci :
" L'empreinte d'un geste, une calligraphie peut-être. L'abstraction ici n'est pas un choix délibéré, mais le résultat d'une soustraction. T... épure afin que demeure l'essentiel, la lumière et l'espace... la sensation. Voilà pourquoi, à première vue, une sorte d'évidence s'impose, liée, semble-t-il, à la simplicité des tableaux réalisés à partir de deux couleurs, l'une pour le fond ( qui pour moi est souvent blanc ), et l'autre pour le motif abstrait.
Mais on sait que la simplicité, en art comme dans la vie, est la chose la plus difficile à obtenir- et pour certains à supporter. Elle ne tolère aucune affèterie, aucune esquive, aucune tricherie...
Pour parler de sa peinture, G.T. dit qu'il passe par le chas d'une aiguille, tant la marge est étroite, et l'échec redouté. A l'instar de la sculpture en taille directe, aucun repentir n'est possible. Ça passe ou ça casse. ( souvent dit-il )
Beaucoup de tableaux sont détruits pour ne garder que ceux où la magie opère - car il s'agit bien là, comme pour Rothko, d'une magie, et pour le spectateur, d'un enchantement -, ceux où le corps, porté par le souvenir de ses émotions passées, se libère, où toute volonté disparaît, où le geste devient poésie.
Ce sont des oeuvres rares, précieuses, subtiles, des instants de grâce... auquels il faut consacrer un peu de temps afin qu'ils puissent agir et nous mener en ce lieu mystérieux où le monde se révèle dans toute sa splendeur. "
Extraits de " Epris d'épure " d'Olivier Cena, à propos de la peinture de Gérard Traquandi
Je n'éprouve pas de plaisir à peindre. C'est beaucoup plus fort que ça.
L'abstraction n'est qu'une figuration de l'intérieur. L'abstraction n'existe pas.
L'art c'est une quête. Une descente à l'intérieur de soi. C'est forcément douloureux. Qu'on continue ici ou là de nous dire que la peinture est morte...
Tous ces discours inutiles, tous ces concepts vaseux, tous ces gens qui se contemplent le nombril avec suffisance... Je proclame aujourd'hui que la peinture est vivante !
Qu'elle est et restera le reflet de son époque, comme toute forme d'art, conceptuel, utilisant les nouvelles technologies,( qui bientôt ne seront plus nouvelles ! ) ou non.
Que le statut d'artiste maudit ne me convient pas plus qu'à n'importe quel artiste d'aujourd'hui.
Peindre s'est s'arracher.
S'acharner jour après jour contre le doute.
Seul.
Garder l'essentiel revient à enlever le principal.
Vers une peinture de plus en plus sensible. A la limite de la brisure. Un souffle.
Derrière chaque toile on doit déceler la présence du peintre; une peinture vivante.
Le peintre n'a pas à chercher de signification; il n'a pas à se justifier.
La légèreté est ce qu'il y a de plus difficile à atteindre. Une légèreté qui s'impose avec force, qui claque comme une évidence.
Le tout est d'éviter le dérisoire... quel boulot !
Sur un sol que l'on n'a pas travaillé, semé, ne poussent que de mauvaises herbes. Pas de peinture, surtout " abstraite ", sans des années de dessin; pas de bâtisse sans fondation.
Un peintre qui ne fait jamais de mauvaises toiles, n'en fait jamais de bonnes non plus... ce sont les mauvaises qui amènent les bonnes.
Certains jours, en me rendant à l'atelier, il me faut beaucoup de concentration pour retrouver mentalement la toile peinte la veille ou les jours précédents, que je n'ai pas vue depuis.
Comme si l'acte de peindre reflétait un état quasi hypnotique...
Mes titres me manquent... retour aux titres, donc. Une manière d'écriture peut-être...
- Vers une peinture dépourvue d'artifices...
- En 2004 plus de signature sur la toile, signature au dos; en 2005 plus de titres.
- "C'est une toile en cours ? " Non non elle est terminée...
Il est important, sinon nécessaire, de ne pas vouloir, de ne pas maîtriser, de ne pas vouloir maîtriser. D'où l'importance de la rapidité d'exécution...
Et s'apercevoir un 3 janvier en manque de couleurs qu'un souffle peut suffire à remplir une toile. Sortir de l'atelier et redécouvrir le soleil de l'hiver, le sourire aux lèvres.
Il ne s'est pas passé grand-chose mais le souffle restera sur la toile, elle en sera imprimée, impressionnée.
Que cherchons-nous d'autre que de transmettre ce souffle, cet instant de vie ?
2004
Il y a un côté pathétique autour du commerce de l'art en général, et de la peinture en particulier. Certains sont "consacrés", d'autres sont "émergents", etc... une casaque pour chacun, et les uns qui bousculent les autres pour obtenir leur place au soleil. Les places sont chères en effet, les jugements sévères prononcés par des acteurs compétents du milieu de l'art; ça ne rigole pas !
La vie d'un peintre, d'un artiste, d'un être humain, se résume-t-elle à cette course à la représentation ?
Le seul jugement qui compte n'est-il pas le sien propre ?
Le hasard en peinture… vaste question. Nicolas de Staël écrivait " hazard ", avec un z plus gestuel que le s linéaire. Si je reste assis sur ma chaise à regarder ma toile vierge, le hasard n'intervient pas. Est-ce que l'on maîtrise tout ce qui se passe sur la toile ; qu'est-ce que maîtriser ? Si l'on conserve une coulure, une griffure, la trace d'un geste, peut on encore parler de hasard ? Le travail du peintre n'est-il pas justement de se tenir à l'affût de ces moments de hasard, de se les approprier ? Beaucoup de peintres aujourd'hui cherchent à obtenir des " effets ". Il est de bon ton, ou à la mode, quoique la peinture ne soit pas très à la mode aujourd'hui où les institutions la ringardise à plaisir, de coller tissus, bois, chiffons, matériaux divers sur la toile, etc…, en vue d'obtenir des effets inattendus ou surprenants. Il est de bon ton d'être original à défaut d'être profond. Tout ayant déjà été fait, entend-t-on ici ou là. ( Ne parlons pas de l'usage de la peinture à l'huile, Ô combien dépassée, et que j'utilise pourtant presque exclusivement parce qu'elle me convient parfaitement… bref parmi les dinosaures, je suis un primitif ). Je pense au contraire que la simplicité des moyens, dont j'ai déjà parlé ici, est une force. Mais plus on simplifie les moyens, et plus cela devient difficile ; on ne peut plus s'appuyer sur des objets ou des matériaux extravagants pour faire l'original ( il n'y a eu qu'un Tapiès, il n'y en aura pas d'autres). Avec seulement quelques pigments, un vague ustensile et un support, il faut se jeter. Alors peut-être le hasard ici ou là vient-il à notre secours ; mais cette épaule sur laquelle nous pensons nous reposer, je crois bien qu'elle nous appartient.
Caresser la toile vierge, la sentir avant, fait partie de l'acte de peindre. En attendre quelque chose, et lui faire savoir. Tenter de transmettre son énergie aussi.
Se l'approprier. La toile encore nue est déjà vivante, en attente de. Si l'on n'a pas cette force là, il ne se passe rien; sans urgence on peint à vide.
Faire un tableau, c'est un acte plein, un acte de vie. Un élan. Si l'on n'a pas besoin, mieux vaut attendre.
Mais les toiles ratées font avancer aussi...
Ne pas sous-estimer l'importance de la simplicité des moyens.
Effacements. Peindre à rebours. A l'affût de ce qui va rester.
Ne pas réussir à garder, ou réussir à ne pas garder ?
Le tableau se peint tout seul. Juste être là, en accompagnement, sans rien vouloir imposer. Rester vulnérable.
Marre des ces toiles qu'on vous assène à coups de massue.
Des jaillissements. Attendre.
" Que faites-vous dans la vie ? " J'attends.
Je n'oserai jamais cette réponse; et pourtant la peinture telle que je la vis, c'est un peu ça; c'est beaucoup ça.
Ce temps d'attente est riche et plein, c'est là que tout s'emmagasine.
L'éxecution de la toile ? Un instant d'urgence lâché...
L'instant de vie est jeté sur la toile, sinon, c'est évident, la toile est morte, elle n'existe pas mais fait illusion.
Ne jamais faire illusion. Tout donner.
Attendre, beaucoup, et tout donner.